Ma moitié, mon bonheur, ma raison de vivre, j'ai vraiment besoin de t'écrire ce soir . Je n'écris pas très bien car je suis sous la couette, je n'ai pas le droit d'être éveillé . C'est un peu normal, vu qu'il est 2h 14 du matin . J'ai eut une rude journée, comme les autres mais celle la était encore pire, je ne sais pas exactement pourquoi, peut être parce qu'elles sont de pire en pire . Je ne parle presque plus tu sais . En arrivant ici il y a deux ans je n'étais pas très joyeux comme je te l'ai toujours dis, mais j'essayais de m'intégrer . Je croyais que j'allais pouvoir avancer quand même sans mon jumeau à mes côtés ...
Mais depuis quelques jours ton visage me hante . Je pense sans arrêt à toi, à nous . Je ne parle plus, je ne mange presque plus, c'est à dire que je mange ce qu'il y a de commestible . D'ailleur, un garçon a eu des vers dans sa purée . J'ai encore maigris . Je ne veux plus maigrir, je le suis assez comme ça . J'ai les dreads immensément longs maintenant, j'aimerai tant que tu les vois !
Mes casquettes me manquent, et mes tee-shirt aussi . Je porte tout les jours le même uniforme hideux gris . Je le hais cet uniforme . Comme tout ce qu'il y a ici, je hais cette chambre, je hais les gens, je hais les murs, je hais le plafond, je hais ce matelas, si on peut appeler ça un matelas . Il n'y a que ce stylo et ces papiers que j'aime . Mon seul lien avec toi .
Je me hais moi-même de plus en plus de m'être fait viré du lycée, de t'avoir abandonné... Je n'arrive plus me regarder dans le miroir sans être dégouté . Deux ans, deux ans que je t'ai laissé, ou qu'on nous a séparé, qu'on nous a arraché l'un à l'autre . Je pleure ça y est . Ca faisait longtemps que je n'avais pas pleurer en me rappelant cette déchirure .
Je me souviens si bien, on s'accrochait aussi fort que l'on pouvait l'un à l'autre, tu m'enfonçais presque tes ongles dans le dos, mais j'aimais ça, je ne voulais pas te quitter . On tenait de toutes nos forces pour ne pas se quitter . On pleurait à n'en plus pouvoir . On se chuchotait quelques phrases aux oreilles sans que nos cons de parents qui hurlaient nous entendent . Tu me disais " Ne me laisse pas Tom, ne m'abandonne pas..." et je te répondais " Je ne voudrais jamais te laisser, mais on n'a plus le choix... Je t'aime Bill, ne m'oublie pas" . Puis papa, ou plutôt cette personne que je deteste de toute mon âme m'a arraché à l'être le plus cher que j'ai dans ce monde et que je n'ai pas vu depuis deux ans... Je lui hurlais de me lâcher tandis que toi tu me hurlais que tu m'aimais ...
Tu me manques Bill... Combien de fois ai-je pensé cette phrase, combien de fois je te l'ai écrite ... Je ne peux plus vivre sans toi tu comprends ? Je peux plus vivre . Ici, sans toi, je survis tout les jours . C'est un enfer infini ou règne toute la mélancolie que je traine depuis maintenant deux ans . Je ne sais plus que t'écrire . Chaque seconde quand je ne t'écris pas je pense à ce que je veux écrire sur ma lettre . Et chaque jour je vais voir si tu me réponds . Je ne sais pas pourquoi je te répète tout ça à chaque fois . Mais je sais que ça ne t'ennerve pas .Tu dois faire pareil .
Bill, j'ai le coeur qui meurt un peu plus toutes les heures ...
T♥m, ton frère qui ne vit que pour toi .